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DUFOURT Hugues

La Tempesta d'après Giorgione

  • Discipline / Instrument : Ensemble
  • Nomenclature : 1.1.1.0 / trb / org élect / vib / guit élect
  • Durée : 25'
  • Genre : contemporain
  • Média : Partition
  • Nombre de pages : 25
  • Editeur : Lemoine
  • Réf. : 28697
  • Date de parution : 01/01/1976
  • ISBN / ISMN : 9790230986977

Création

02/04/1977 - Festival International d'Art Contemporain de Royan - Pierre-Yves Artaud (flûtes), Jacques di Donato (clarinettes), Jacques Vandeville (hautbois, cor anglais), Camille Verdier (trombone), Henriette Puig-Roget (orgue), Claude Pavy (guitare), Gérard Perotin (vibraphone) et Détlef Kieffer (direction)

Commanditaire

Radio France

Notice

L'éclair tue le mouvement. La nature est sous narcose. Seule la couleur est gagnée par une mobilité impondérable, incoercible, qui dissout les modelés et les précipite dans une lumière brune. La teinte ne s'apparente à rien : verdâtre tirant au vieil or, elle n'est pas de ce monde. Peut-être appartient-elle aux cieux les plus sombres de la métaphysique. L'orage est une parenthèse : un instant de réceptivité pure qui n'annonce aucun ressaisissement. Au seuil de la démesure. Comment suggérer, avec des sons, cette matérialisation de l'effroi par l'imprégnation et la fluence ? Les registres graves des instruments à vent - flûte contrebasse, clarinette contrebasse, cor anglais et trombone - se déploient dans un temps très lent, de pesanteur et d'engourdissement. L'émission est ample et permet le recouvrement mutuel des masses, le traitement en quelque sorte atmosphérique du timbre. Ce trait est accentué par l'emploi de la lutherie électronique qui dresse, en arrière-plan, un champ de valeurs tensionnelles. La sonorité du vibraphone, de la guitare ou de l'orgue électrique ne diffuse pas dans l'espace, elle aurait plutôt tendance à le contracter. D'où l'intérêt paradoxal que pouvait présenter la confrontation de tous ces instruments. La transposition musicale ne se limite pas à la recherche d'un équivalent onirique. J'ai voulu, un peu comme Giorgione l'avait fait pour la couleur, arracher le timbre à son caractère subalterne ou anecdotique. Le timbre prescrit sa forme. L'ébranlement d'une colonne sonore de clarinette contrebasse, par exemple, mobilise toute une dynamique ascensionnelle - souffle, grain, intensité, hauteur - qu'elle soumet à un régime de fluctuations intenses. La simple émission d'un son grave d'un instrument provoque un phénomène de tension agogique. Le timbre constitue un milieu dense, oscillant, fortement polarisé, régi par un ordre de différenciation interne. Il dilate un espace intérieur qui semble se prolonger au-delà de lui- même.

Hugues Dufourt


DUFOURT Hugues

Biographie

Hugues Dufourt privilégie les continuités et les lentes transformations d'un discours musical qui n'est que rarement interrompu. Il conçoit des formes par évolution de masses et travaille sur les notions de seuils, d'oscillations, d'interférences et de processus orientés. Pionnier du mouvement spectral, [...]

Concerts

Œuvres Récentes