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PESSON Gérard

Contra me (miserere)

  • Discipline / Instrument : Ensemble vocal et instrumental
  • Nomenclature : 2S.Hc.Bar / traverso / oud (ou luth) / vlc baroque
  • Durée : 10'
  • Genre : contemporain
  • Média : Partition
  • Nombre de pages : 11
  • Editeur : Lemoine
  • Réf. : 28117
  • Date de parution : 01/01/2002
  • ISBN / ISMN : 9790230981170

Création

22/06/2002 - Chimay (Belgique) - Collégiale Saints Pierre et Paul en Chimay, Festival de Chimay - Ensemble XVIII-21, Jean-Christophe Frisch (direction)

Notice

L'opus sectile est une technique de mosaïque de l'Antiquité romaine tardive qui consistait à réemployer des fragments usagés de marbre pour en faire des sols à motifs géométriques. Dans cette technique, le matériau est utilisé de manière brute, voire grossière, pour être "rêvé" autre, quoique sa nature de rebut persiste fortement dans cet ultime détournement ornemental. Chaque fragment peut être vu simultanément comme éclat d'une totalité perdue, et pièce d'une recomposition de circonstance.
Dans Contra me ("devant moi"), de même, il n'a été recueilli que d'infimes fragments du psaume L (attribué à David, lorsque le prophète Nathan vient vers lui après qu'il se soit uni à Bethsabée) dont la parole miserere est l'incipit : de deux à six mots par verset, dans l'ordre où ils apparaissent. L'unité formelle des vingt versets est préservée, chacun devenant un fragment de quelques secondes jointoyé à l'autre par du silence et formant ainsi opus sectile.
Ce miserere chuchoté veut exprimer l'essence du texte et sa fonction dans la liturgie : le regret, le sentiment de la faute, la soif de purification.
Le verset 19 évoque les murs détruits de Jérusalem, sujet des lamentations de Jérémie.
Cependant, les éléments prélevés, démembrés du texte peuvent composer une subdivision du sens dont le motus commun serait le véhicule de la parole et l'objet de la purification par les parties nommées de l'être et du corps (visage, bouche, lèvres, os, coeur) : facie tua, lingua mea, labia mea, ossa humiliata, cor mundum, cor contritum. La partie instrumentale dans Contra me n'est que signe, à peine lien, sur la page du silence-miserere. Les instruments, abandonnant toute rhétorique, toute virtuosité, tout artifice, ne peuvent s'avancer à découvert, cantonnés au dessin du sens proféré.
Cette oeuvre a été commandée par l'ensemble XVIII-21 Musique des Lumières afin d'être insérée dans un programme consacré aux lamentations du prophète Jérémie, mêlant la musique de Couperin à des liturgies juives, des chants arabes et des lectures bibliques.

Gérard Pesson


PESSON Gérard

Biographie

Né le 17 janvier 1958 à Torteron (Cher), Gérard Pesson poursuit d'abord des études de lettres et musicologie à la Sorbonne où il soutient une thèse sur L'Esthétique de la musique aléatoire, avant d'entrer dans les classes de Betsy Jolas et d'Ivo Malec au Conservatoire National Supérieur de Musique de Danse de Paris [...]

Concerts

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