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DUFOURT Hugues

Le Cyprès blanc

  • Discipline / Instrument : Alto et grand orchestre
  • Nomenclature : 4.2(ca).3(clB).4 / 6.4.4.1 / 3perc / timb / 1.3.3.3.2
  • Durée : 35'
  • Genre : contemporain
  • Média : Partition
  • Nombre de pages : 119
  • Editeur : Lemoine
  • Réf. : 28010
  • Date de parution : 01/01/2003
  • ISBN / ISMN : 9790230980104

Création

25/09/2004 - Journée Hugues Dufourt, Festival Musical, Strasbourg

Notice

Le titre de l'oeuvre est tiré d'une image que l'on rencontre dans certains textes orphiques du VIIe siècle avant Jésus-Christ. Le cyprès blanc est un arbre de lumière qui indique aux mourants le chemin de la vie éternelle. Cette vision de l'au-delà - une sorte d'Apocalypse - constitue paradoxalement l'une des premières formes de conscience historique du monde occidental. Car il s'agit des pérégrinations de l'âme qui, pour se préserver, doit se ramasser sur elle-même et savoir tendre ses forces. Les meilleures d'entre elles cherchent, par l'ascèse, à se soustraire à la fatalité commune, à se délivrer du cycle des réincarnations pour entrer, après la mort, dans une solidarité supérieure et connaître le sort des bienheureux. L'Orphisme élabore la première sagesse philosophique.
J'ai voulu m'arrêter à ce moment de l'histoire où l'esprit sort des profondeurs de la nature et cherche à rejoindre la société des dieux. Plus tard, le mythe du Phédon de Platon exposera les traditions mémorables sur le voyage des âmes à travers les régions inconnues de la terre. Il y est question de dépressions marines, de fleuves souterrains et de leurs lacs stagnants, de laves brûlantes et de boues de cendre, de contrées glacées et désolées. La destinée des âmes est ordonnée aux parties du monde et c'est aux confins de la terre que séjournent les bienheureux.
Le Cyprès blanc évoque l'usure du temps, le tourbillon du changement, la connaissance de l'immuable et, aujourd'hui comme naguère, la résistance à un devenir pétrifié. Ce n'est pas un concerto pour alto, mais plutôt une méditation pour alto et orchestre, dans la veine d'Harold en Italie. Une symphonie pour orchestre et alto principal parut à Berlioz le genre le plus propre à illustrer les liens du cosmos et de la destinée ainsi qu'à exprimer les rêves de mélancolie.
Dans le Cyprès, le soliste ne se détache de l'orchestre qu'à la huitième minute et n'émerge jamais vraiment, comme s'il avait lui aussi à se libérer de la fatalité des morts successives. La structure de la pièce est intentionnellement asymétrique : après le long préambule, sans soliste, après l'épisode de la mer démontée, vient une seconde partie qui est à la fois un adagio, une péroraison qui n'en finit pas et qui donne latitude au soliste de déployer une forme reconquise de lyrisme.
La tessiture de l'alto déplace le centre de gravité de l'orchestre qu'il abaisse d'une octave, donnant ainsi un relief aux sonorités d'ordinaire plus effacées du registre du sous-médium. Les rapports traditionnels du soliste et de l'orchestre sont inversés car toute la masse orchestrale est appelée à osciller, à la manière d'une caisse de résonance, autour des lignes directrices que trace la voix solitaire de l'alto.
A l'orchestre, la qualité sonore est une propriété suscitée, une réalité supérieure dans laquelle les éléments traditionnels de la composition - harmonie, contrepoint, rythme, métrique, instrumentation - sont appelés à fusionner. L'unité symphonique est aujourd'hui celle d'une puissance intérieure de déploiement et la forme qui en résulte finit par se confondre avec un continuum de transformations. On y parle de champs, de ramifications, de tourbillons, de textures.
Le Sturm und Drang avait inauguré, avec le subjectivisme, le style de la tension effervescente. L'orchestre d'aujourd'hui exprime celui de la tension désordonnée, de la distorsion et du stress. Mais il impose ses règles de cohésion interne. On ne peut intervenir artificiellement dans l'économie d'un tout organique.
Commande du Festival Musica de Strasbourg et de l'Orchestre Philarmonique du Luxembourg, ce concerto pour alto et grand orchestre a été créé par Gérard Caussé et l'Orchestre Philarmonique du Luxembourg, sous la direction de Pierre-André Valade, au Festival Musica de Strasbourg 2004.

Hugues Dufourt

Enregistrement

1 CD Timpani, TIM1C1112
Le Cyprès blanc - Surgir
Gérard Caussé (alto), Orchestre Philharmonique du Luxembourg, Pierre-André Valade (direction)


DUFOURT Hugues

Biographie

Hugues Dufourt privilégie les continuités et les lentes transformations d'un discours musical qui n'est que rarement interrompu. Il conçoit des formes par évolution de masses et travaille sur les notions de seuils, d'oscillations, d'interférences et de processus orientés. Pionnier du mouvement spectral, [...]

Concerts

Œuvres Récentes