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DUFOURT Hugues

Hommage à Charles Nègre

  • Discipline / Instrument : Sextuor
  • Nomenclature : 1(picc.flB).1(ob.di.amore.ca).clB(cl.clEb).1Cbn / vibra / guit électrique
  • Durée : 10'
  • Genre : contemporain
  • Média : Partition
  • Nombre de pages : 25
  • Format : A3
  • Editeur : Lemoine
  • Réf. : 27220
  • Date de parution : 01/01/1986
  • ISBN / ISMN : 9790230972208

Création

07/12/1987 - Paris, Cinémathèque française (version cinématographique) - L'Itinéraire, Annick Minck (direction)

Notice

Commandée par le Musée d'Orsay, l'oeuvre a été conçue pour le film que le chorégraphe et metteur en scène Daniel Larrieux a consacré à Charles Nègre, un des grands photographes français du XIXe s. Le film est réalisé au départ d'une photo de Charles Nègre représentant une famille de ramoneurs passants, fatigués, sur le quai Bourbon. - L'oeuvre musicale, s'inscrit dans la tonalité de cette photo qui est un témoignage poignant d'une existence au XIXe siècle, et aussi un témoignage de l'enfance au travail. Sachant par expérience que la musique doit avoir son rythme propre, et que c'est ainsi seulement que l'on coïncide avec un rythme cinématographique, j'ai délibérément choisi un rythme plus lent que celui que Larrieux devait choisir pour le développement de son film. D'autre part j'ai veillé à avoir des couleurs sonores très transparentes, un peu éphémères où le trait ne serait absolument pas souligné. Si on veut respecter les virtualités de l'image il faut que la musique sache se mettre en retrait, qu'elle ne souligne rien en noir et parvienne à créer un climat à la fois homogène et constamment renouvelé. Ces impératifs conditionnaient de façon étroite la réalisation de mon projet. Il me fallait une harmonie extrêmement poignante, dépouillée - des couleurs sonores qui soient tendues mais tendues du dedans, qui n'aient aucun éclat, qui soient absolument retenues, il me fallait des timbres qui soient bipolarisés, qui coïncident avec la couleur sepia, c'est-à-dire qui ne soient pas trop éclatants, surtout pas étincelants mais qui ne soient pas trop sombres non plus donc qui se meuvent dans une sorte de clair-obscur et d'incertitude permanente. La couleur sonore de cette pièce est oscillante, elle comprends des facteurs de tensions qui sont par exemple la flûte basse, le hautbois d'amour, la clarinette contrebasse, le basson qui fait aussi le contre-basson. A ces éléments poignants j'ai ajouté un milieu sonore qui permet de mettre en valeur les vents et qui est composé d'un mélange de vibraphone et de la guitare électrique. Le rythme lui-même devait respecter une dimension, une atmosphère impondérable. Il ne fallait jamais appuyer sur quoi que ce soit et en même temps permettre à l'espace de se renouveler de l'intérieur et d'avoir une certaine fluence, une certaine transformation. Voilà comment l'idée musicale est née, de la rencontre de ces contraintes esthétiques, historiques et techniques.

Hugues Dufourt

Récompense

Prix du jury du Festival Musique en Cinéma (Besançon, 1987) - Prix Canal+ du Festival du Film Patrimoine (Paris, 1989)


DUFOURT Hugues

Biographie

Hugues Dufourt privilégie les continuités et les lentes transformations d'un discours musical qui n'est que rarement interrompu. Il conçoit des formes par évolution de masses et travaille sur les notions de seuils, d'oscillations, d'interférences et de processus orientés. Pionnier du mouvement spectral, [...]

Concerts

Œuvres Récentes